Publicité[si] - Sion n'avait pas le niveau dans le magique Stade Ali Sami Yen. Incapable de garder le ballon, de le faire circuler, le club valaisan explosait littéralement. A force de prendre de plein fouet les inspirations vives et tranchantes des Lincoln, Umit Karan, Baris et autre Arda, le dispositif d'Alberto Bigon s'étirait, s'essoufflait, perdait sa lucidité.
Une montée de Nwaneri qui perdait la balle, un incroyable oubli de replacement et de couverture de Bühler et Kali, dernier défenseur central à sa juste place, ne pouvait qu'observer Karan ouvrir la marque. Puis Sukur le battre en duel et offrir le doublé à son coéquipier. Le 3-0, sur une action de contre alors que Dominguez se voyait privé par Ugur de la balle du 2-1, était l'oeuvre de Lincoln, d'un tir dévié par Bühler. La messe était dite avant la pause et les buts d'Arda et de Bouzid, qui enfonçaient un peu plus le clou (68e/92e), ainsi que celui de Nwaneri pour Sion (90e), qui passait totalement inaperçu.
Une extrême onction qui n'enterrait peut-être pas seulement les rêves européens de Sion, mais aussi l'aventure de l'entraîneur italien en Valais. Car, si les ennuis de santé de Wicky - qui déclarait forfait dans l'après-midi en raison d'une contracture au mollet - et le récent séisme provoqué par l'affaire Chedli expliquent une partie de la crise de confiance qui habite l'équipe, ils ne peuvent justifier à eux seuls la médiocrité affichée régulièrement sur le terrain depuis bientôt deux mois.